A l’heure où les organisations se transforment sans cesse (innovation, digitalisation, transition écologique, évolution réglementaire), un type de projet revêt une importance vitale mais reste souvent sous-estimé : les projets « License to Operate » (LTO).
Ces projets ne visent pas à créer de la valeur immédiate. Ils visent à préserver la capacité même de l’entreprise à exister, opérer, vendre, produire, assurer, livrer.
Autrement dit : Un projet LTO est un projet indispensable à la continuité de l’activité. Sans lui, l’entreprise ne peut plus fonctionner conformément aux exigences légales, contractuelles, sociétales ou sécuritaires.
Face à la multiplication des normes, à la pression des parties prenantes et aux risques systémiques croissants, ignorer ces projets représente un risque majeur. A l’inverse, intégrer les initiatives LTO dans une gouvernance de portefeuille structurée, claire et systémique devient un facteur clé de robustesse organisationnelle.
Projets « License to Operate » (LTO) : signification
Un projet LTO est un projet obligatoire, imposé par :
- La réglementation (lois, normes, obligations sectorielles),
- La sécurité (cyber, santé, risques majeurs),
- Une exigence contractuelle (clients, fournisseurs, certification),
- Une dépendance opérationnelle critique (maintenance vitale, infrastructures essentielles).
La règle est simple : si le projet n’est pas réalisé, l’entreprise ne peut plus opérer légalement, en sécurité, ou selon les standards attendus. Contrairement aux projets d’innovation ou de productivité, un projet LTO ne se discute pas. Il se conduit.
Le caractère incontournable des projets LTO
Explosion des exigences réglementaires
RGPD, NIS2, CSRD, normes environnementales, obligations sectorielles, exigences de conformité client… La complexité augmente et le risque de non-conformité avec. Conséquences possibles : sanctions, perte d’agrément, interdiction d’exercer.
Acceptation sociale et réputation
Aujourd’hui, un projet peut être légal mais socialement rejeté :
- Communautés locales,
- Médias,
- ONG,
- Réseaux sociaux ont un pouvoir d’influence inédit.
Un blocage social peut arrêter un site, un chantier, une usine.
Risques opérationnels et technologiques
Les incidents cyber, les défaillances de systèmes, les infrastructures vieillissantes ou les exigences de clients stratégiques rendent certains projets absolument indispensables. Sans intervention, l’activité peut s’arrêter brutalement.
Exemples typiques de projets LTO
- Mise en conformité réglementaire (RGPD, normes environnementales, sécurité nucléaire) ;
- Cyber-résilience : patchs critiques, segmentation réseau, SOC, exigences NIS2 ;
- Santé et sécurité au travail ;
- Maintenance critique sur équipements essentiels ;
- Renouvellement contractuel (fournisseur, certification, agrément) ;
- Migration technologique obligatoire (fin de support logiciel, obsolescence).
Leur point commun : ils ne génèrent pas de valeur immédiate, mais préservent la capacité de l’entreprise à en créer.
Faut-il prioriser les projets LTO comme les autres projets ?
Non. Les projets LTO relèvent d’une logique de contrainte, tandis que les projets « Run & Improve » et « Transform & Innovate » relèvent d’une logique d’arbitrage.
Séparer les flux dans la gouvernance
Créer un canal dédié dans la gouvernance de portefeuille :
- Flux LTO (obligatoire),
- Flux d’amélioration,
- Flux de transformation.
Cela évite que des projets indispensables soient en concurrence avec des projets créateurs de valeur.
Appliquer un mode « Fast-Track »
Lorsqu’un projet répond à des critères objectifs (obligation légale, risque majeur, exigence client stratégique) : validation accélérée, sans passer par la matrice de priorisation.
Une évaluation minimale reste nécessaire
Même obligatoire, un projet doit être :
- Evalué (risque si non réalisé),
- Dimensionné (coût, ressources),
- Optimisé (mutualisation possible ?).
Cela permet d’éviter le piège du « projet LTO mal maîtrisé qui désorganise tout le reste ».

Comment déterminer qu’un projet est LTO ?
Quelques cas où d’autres seuils sont utilisés :
| Critère | Question |
|---|---|
| Réglementaire / légal | L’entreprise a-t-elle une obligation formelle ? |
| Risque de non-conformité | Risque-t-on une sanction, un retrait d’agrément, une perte de certification ? |
| Risque opérationnel | L’activité peut-elle continuer sans ce projet ? |
| Dépendance interne | Des processus critiques en dépendent-ils ? |
Si la réponse à l’une de ces questions est oui, le projet est probablement LTO.
Une catégorisation simple pour structurer le portefeuille
| Catégorie | Objectif | Exemple | Mode de traitement |
|---|---|---|---|
| License to Operate (LTO) | Maintenir l’autorisation d’opérer | Conformité, sécurité, maintenance critique | Fast-track, priorité délais |
| Run / Improve | Améliorer la performance | Automatisation, digitalisation | Evaluation ROI / valeur |
| Transform / Innovate | Construire l’avenir | Innovation, ruptures | Arbitrage stratégique |
Les projets non-LTO sont ensuite placés dans une matrice Gain / Effort. Les projets LTO, eux, ne passent pas dans cette matrice : ils sont approuvés via une revue de conformité.
L'importance d'une gouvernance ad hoc
Multiplication des initiatives
Cybersécurité, conformité, ESG, digitalisation… Les organisations croulent sous les projets obligatoires. Sans gouvernance structurée :
- Les projets s’accumulent,
- Les ressources s’épuisent,
- Les priorités se brouillent,
- Les risques augmentent.
Risque de « shadow LTO »
Certains projets critiques ne sont même pas identifiés comme LTO et se retrouvent noyés dans la masse.
Le rôle clé d’une gouvernance éclairée
Une bonne gouvernance doit :
- Identifier rapidement les projets LTO,
- Leur appliquer un circuit court de décision,
- Anticiper les impacts sur le reste du portefeuille,
- Renforcer la confiance des parties prenantes,
- Eviter le chaos organisationnel lié aux urgences successives.

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Ce qu’il faut retenir
Les projets « License to Operate » ne sont pas glamour. Ils ne promettent pas d’innovation spectaculaire ni de ROI immédiat.
Pourtant, ils sont la base même de la robustesse organisationnelle.
Les ignorer, c’est accepter :
- Un risque juridique,
- Un risque opérationnel,
- Un risque réputationnel,
- Un risque stratégique majeur.
Les maîtriser, c’est :
- Sécuriser l’activité,
- Renforcer la confiance des clients et régulateurs,
- Eviter les crises,
- Permettre aux initiatives de transformation de se dérouler dans des conditions saines.
En structurant la gouvernance autour d’un canal LTO dédié, en appliquant des circuits de validation adaptés et en anticipant les besoins de ressources, les organisations se donnent les moyens d’être robustes, résilientes et conformes dans un monde de plus en plus exigeant.
Projets License to Operate (LTO)
Un projet LTO crée-t-il de la valeur ?
Pas directement. Il préserve la capacité de créer de la valeur. C’est la base de la performance future.
Peut-on refuser un projet LTO ?
Non, sauf à accepter un risque majeur : sanction, perte de marché, arrêt d’activité.
Pourquoi faut-il un circuit de validation dédié ?
Pour éviter que les projets obligatoires soient ralentis ou bloqués par les projets facultatifs.
Les projets cybersécurité sont-ils des projets LTO ?
Ils le sont lorsqu'ils répondent à une obligation (réglementaire, contractuelle ou sécuritaire).
Comment éviter que les projets LTO ne consomment toutes les ressources ?
Grâce à une gouvernance robuste : mutualisation, planification, priorisation des projets non-LTO, visibilité globale.
IDhall peut-il aider à gérer les projets LTO ?
Oui. IDhall permet de :
- catégoriser les projets LTO, Run, Transform,
- structurer le canal de décision LTO,
- tracer les obligations,
- suivre les délais critiques,
- ajuster les priorités du portefeuille global.




