Open innovation en entreprise :
les exemples qui profitent autant aux start-ups qu’aux grands groupes

3 sept. 2018

L’environnement économique des entreprises change aujourd’hui plus vite que jamais et il est nécessaire, sinon vital, d’innover tant dans ses produits et services que dans son organisation et ses processus pour réussir à s’adapter. Mais innover demande du temps, des compétences, sans oublier de véritables moyens, et ne se résume pas à mettre en place une boîte à idées

À l’heure de la transformation digitale, qui voit de nouvelles start-ups se créer chaque jour, et alors que l’esprit de travail collaboratif devient la norme, certaines entreprises renoncent en partie à leur culture du secret et font sauter certains verrous pour ouvrir leurs portes à des structures externes, dont ces start-ups. Elles cherchent ainsi à faire bouger les lignes, à innover plus vite et plus efficacement, convaincues « qu’une entreprise qui sort (de sa zone de confort) est une entreprise qui s’en sort ». On parle ainsi « d’innovation ouverte » ou plus couramment « d’Open innovation ».

L’Open innovation : un partenariat gagnant-gagnant

Cela fait déjà quelques années que l’on entend parler régulièrement « d’Open innovation », mais de quoi s’agit-il plus précisément ?

Pour faire (très) simple, l’Open innovation consiste à combiner deux éléments : d’un côté, une veille aléatoire, concurrentielle, technologique et stratégique, de l’autre, une méthodologie de gestion de projets adaptée à la transformation d’idées venues de l’extérieur pour apporter un changement concret à l’intérieur.

L’entreprise qui souhaite innover s’adjoint ainsi des compétences extérieures pour cultiver la diversité des points de vue apportés et générer davantage d’idées innovantes. Cela s’inscrit dans la logique de l’entreprise étendue puisque clients, fournisseurs, universités, laboratoires comme start-ups peuvent prendre part au processus interne d’innovation participative.

C’est ainsi que de plus en plus d’entreprises concluent des partenariats d’Open innovation avec des start-ups dont l’ADN est justement de favoriser continuellement la génération d’idées innovantes. En effet, les start-ups possèdent cette agilité qui permet de se concentrer sur un sujet ou un projet sans être freinées dans leurs actions par une chaîne de décision trop lente et/ou des processus trop rigides.

La stabilité des grandes entreprises, en échange, assure aux start-ups un fonctionnement plus serein en leur faisant bénéficier de divers services : mise à disposition de locaux, accès aux matériels et outils de travail, échange avec des équipes dont les retours d’expérience peuvent faire gagner un temps précieux, etc.

Le caractère « donnant- donnant » de l’Open innovation est donc bénéfique pour tous les acteurs concernés et permet aux entreprises d’accélérer le développement de nouveaux produits au service de la croissance, de conquérir de nouvelles parts de marché voire de réinventer les métiers. Encore faut-il que la démarche soit réussie… Pour cela, il suffit de suivre de bonnes pratiques.

Open innovation : les clés du succès pour une gestion de projets adaptée

Pour identifier les clés du succès d’une démarche d’Open innovation, commençons par évoquer les deux erreurs que l’on observe assez fréquemment :

  • La première, c’est lorsque l’entreprise réduit l’Open innovation à une « délégation de l’innovation » aux start-ups, aux étudiants, aux fournisseurs, avec une multitude de projets qui ont beaucoup de mal à prendre racine dans l’organisation et dépassent rarement le stade du protopope ou du « POC » (Proof of Concept) car les étapes suivantes n’ont pas été intégrées à l’organisation.
  • La seconde, c’est l’intégration de ces nouveaux acteurs externes dans les dispositifs existants de l’entreprise en matière de méthodes de travail, de processus d’achats et/ou juridique, qui sont systématiquement à l’opposé d’un point de vue culturel et organisationnel. Les initiatives sont dans ce cas très vites étouffées par l’organisation et son inertie, et ont peu de chance de se concrétiser.

Vient ensuite la question de la plateforme d’innovation participative… Parmi ceux de nos clients qui ont mis en place un système de management des idées, beaucoup nous demandent s’ils ne pourraient pas tout simplement ouvrir la plateforme à leurs « co-innovateurs »… Si, sur le principe, c’est tout à fait faisable, cela ne suffit pas pour autant à révéler tout le potentiel d’innovation. En effet, il est beaucoup plus difficile pour ces personnes extérieures d’avoir une approche globale et de prendre conscience du contexte, de certaines implications voire des contraintes propres à l’entreprise et à ses projets pour transformer les idées en initiatives de changement.

La solution ? « Externaliser des ressources internes » pour travailler avec ces co-innovateurs afin de créer des passerelles vers l’organisation classique.

En Open innovation, l’entreprise envoie ainsi des « missionnaires » chargés d’identifier des opportunités puis de les faire remonter dans le système et de les accompagner durant toutes les phases du projet. Ces ressources internes, dotées d’une vision globale, restent « pilotes » sur les initiatives afin de conserver la main sur les livrables en adéquation avec les attentes et la stratégie de l’entreprise. En complément, ces projets bénéficient de processus adaptés pour éviter de subir la lourdeur du système en place. C’est la clé du succès du pilotage de l’Open innovation.

Par conséquent, une démarche d’Open innovation nécessitera au préalable de :

  • Définir les axes sur lesquels l’entreprise souhaite mobiliser son écosystème.
  • Mettre en place une gestion de portefeuilles de projets avec une gouvernance et une méthodologie adaptées.
  • Identifier les parties prenantes internes capables de piloter ces terrains de jeux et les acteurs externes qui pourront y contribuer.
  • Créer de nouvelles règles du jeu bien adaptées.

3 exemples d’Open innovation réussis en entreprise

L’Open innovation apporte donc des bénéfices concrets ; il existe d’ailleurs de nombreux exemples attestant du succès de la démarche.

Lego : le roi de l’Open innovation

MindStorms, Lego Ambassador, Lego Factory, Lego Cuuso… Lego est sans doute l’entreprise qui est allée le plus loin en matière d’Open innovation. Lego a en effet lancé de nombreux programmes pour faire participer, de façon plus ou moins directe, ses fans à l’évolution des produits. Après tout, qui est le mieux placé pour créer de nouveaux produits en adéquation avec les besoins/envies du consommateur, que le consommateur lui-même ?

Pour en savoir plus sur l’Open innovation chez Lego

Toshiba et ses start-ups en marque blanche

Toshiba se retrouve régulièrement cité dans le Top 100 Global Innovator qui récompense les entreprises les plus innovantes au monde. Le groupe japonais œuvre pour la promotion de la technologie au sens large et travaille son image de marque d’avant-gardiste. Outre la tenue annuelle au Japon de la Toshiba Innovation Fair pour présenter ses dernières innovations technologiques, l’entreprise signe régulièrement des partenariats avec des start-ups innovantes pour intégrer de nouveaux services intelligents déjà existants plutôt que de les développer en interne et les embarquer dans leurs produits.

Pour en savoir plus sur l’Open innovation chez Toshiba

Les Orange Fab

Nouer des partenariats dans le cadre de ses nombreux programmes de recherche (Start-up program, lab’Orange, lab’Explorers, l’Orange Fab…) fait partie de l’ADN du premier opérateur télécom français depuis longtemps. Orange multiplie donc en interne les opérations d’innovation participative via son réseau social d’entreprise, l’organisation de hackathons et autres challenges d’innovation.

Pour en savoir plus sur l’Open innovation chez Orange

Si vous aussi vous souhaitez mettre en place dès maintenant une plus grande culture de l’innovation dans votre entreprise, téléchargez notre guide complet :