Comment appliquer la loi de Little pour mieux faire aboutir vos projets ?

30 juin 2020

Dans un monde où la pression concurrentielle fait partie du quotidien, il n’est pas rare que l’urgence à agir, voire une certaine compétition, s’invite au sein même des organisations. Elles en viennent alors à lancer une multitude de projets censés faire gagner en compétitivité mais à vouloir en faire trop, trop vite, et en même temps, on tarde à faire aboutir les projets et on recule d’autant les gains escomptés…

En redécouvrant la loi de Little, issue de la théorie des files d’attente, et en l’appliquant à la gestion de projets, il est possible de travailler mieux (au sens de la qualité du travail effectué et de la qualité de vie au travail) et plus efficacement (en faisant aboutir, in fine, davantage de projets sur une période de temps donnée).

La loi de Little : définition et explications

Dans la mesure où le but de chaque organisation est de soutenir les initiatives de progrès pour obtenir des résultats significatifs, la tendance actuelle est de vouloir en faire le plus possible de la manière la plus rapide qui soit. Malheureusement, ce comportement est souvent contre-productif et apporte chaque jour son lot de déceptions au sein des équipes voire même un certain découragement. Il est pourtant tout à fait possible d’obtenir des résultats rapidement, mais il faut pour cela réduire le travail en cours nommé « WIP » pour Work In Progress et c’est sur ce point que la loi de Little peut apporter une réponse pertinente.

La loi de Little tient son nom de son inventeur, John Little, qui a réfléchi à la théorie des files d’attentes dans les années 50 pour énoncer en 1961 son principe de la manière suivante : le nombre de clients dans une file d’attente est égal au taux d’arrivée moyen des clients multiplié par le temps de traitement.

Souvent reprise par les démarches de Lean Management dans l’industrie afin de réduire le « Lead Time » (le temps moyen passé dans le système de production entre le début et la finalisation d’une tâche) et ainsi augmenter la capacité à produire, la Loi de Little permet d’établir un lien entre l'en-cours de production (WIP), le temps de traversée de la production (le Lead Time) et le débit de la production (« Throughput »). Cette formule est souvent énoncée de la manière suivante :

WIP = T x LT ou LT = WIP / T

Le résultat est que toute augmentation de l’en-cours augmente mécaniquement les délais. Cette formule est d’autant plus intéressante que l’on a généralement tendance à faire l’inverse dans les entreprises. On augmente régulièrement les encours avec l’espoir d’augmenter les sorties alors que cela se traduit souvent par une pluie de météorites sur les équipes et une véritable catastrophe pour les délais des projets !

La loi de Little dans le cadre de la gestion de projets

En s’inspirant de cette théorie, on peut en déduire qu’en traitant mieux les projets en cours, on a plus de chances de les faire aboutir que de multiplier systématiquement le nombre de projets. Cela rejoint d’ailleurs les objectifs visés par le Backlog du Kanban. Lancer trop de projets engorge les processus, fait déborder les plannings des collaborateurs et augmente significativement les délais d’exécution.

Voici deux images très parlantes pour mieux comprendre les bienfaits de la loi de Little appliquée à la gestion de projets. La première illustration ci-dessous montre qu’en lançant plusieurs initiatives en parallèle (ici trois), les projets aboutissent au bout de 3 ans.

La loi de Little ou la théorie des files d’attentes

En revanche, la deuxième illustration montre qu’en parallélisant les initiatives mais en se concentrant d’abord sur l’une avant l’autre, on réduit non seulement le temps de réalisation de chaque initiative, mais cela permet dans le même laps de temps de mettre en œuvre plus d’initiatives et donc, de bénéficier des gains de chaque initiative plus tôt.

La loi de Little et la progression des projets en parallèle

En clair : plus l’on sature les collaborateurs de projets, plus les délais augmentent pour chacun d’eux alors qu’en restreignant le nombre de projets en cours, on dispose des ressources nécessaires et on accélère ainsi leur réalisation. La loi de Little est donc un excellent principe à appliquer lorsqu’il s’agit de piloter les portefeuilles de projets puisqu’elle permet de garder une vue d’ensemble et d’optimiser la mise en œuvre opérationnelle.

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