Matière à réflexion N°4 Mai 2020 :
excellence opérationnelle, les entreprises « altruistes » et le concept VUCA face à l’incertitude

14 mai 2020

En ce printemps à la fois confiné puis déconfiné, nous avons choisi de privilégier des articles de fond sur certains fondamentaux altruistes et éthiques dans le monde de l’entreprise et d’autres nous invitant à nous poser les bonnes questions pour mieux se préparer au monde de demain. Personne ne peut mesurer l’ampleur des impacts économiques et sociaux de cette crise sanitaire à l’échelle mondiale, c’est pourquoi il est important d’aller de l’avant dès aujourd’hui et imaginer de nouvelles activités d’innovation, de transformation ou d’amélioration continue en s’attachant avant tout à privilégier l’intelligence collective pour réussir.

Pour bien préparer cette nouvelle ère qui s’annonce, voici le 4ème numéro de « Matière à réflexion » avec des articles dans les domaines de l’amélioration continue, de l’innovation participative et de la gestion de portefeuilles de projets.

L’actu à la une en amélioration continue

Comment parvenir à l’excellence opérationnelle ?

L’excellence opérationnelle est-elle l’ultime niveau de l’amélioration continue ou plutôt un état d’esprit ?

Dans un climat de transformation profonde de notre écosystème, mettre en place des changements significatifs relève du bon sens mais surtout, d’une véritable stratégie basée sur une vision à long terme et de son exécution au quotidien sur le terrain. C’est dans ce contexte que l’excellence opérationnelle trouve tout son sens pour créer puis maintenir un équilibre parfait entre la stratégie et sa mise en œuvre par les personnes, les processus et la technologie. De sorte que cet équilibre génère à la fois une expérience employé enrichissante mais aussi une expérience client satisfaisante, toutes deux sources d’excellence pour l’entreprise. En revanche, si passer de la performance à l’excellence fait rêver toutes les directions générales, comment y parvenir ?

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Le Lean Management et la compétitivité

Produire en France en restant compétitif à l’international grâce au Lean Management

Pourquoi l'amélioration continue est-elle encore si souvent reléguée à un service au fond d'une usine ? Pourquoi celle-ci ne transpire pas davantage à tous les niveaux de l'entreprise au travers de la posture du management et des équipes, d'outils et méthodes adaptés ? Est-ce pécher par ignorance ou par excès de confiance dans la capacité des équipes à naturellement intégrer les bonnes pratiques du Lean Management ?

Certains leaders ont des difficultés à incarner cette démarche d'amélioration continue et s’approprier les éléments clés nécessaires à une mise en place réussie. Cet article met en lumière que produire en France pour rester ou devenir compétitif sur la scène internationale va être indispensable, mais sera également un défi majeur pour bon nombre de sociétés françaises, il est donc urgent de s'en préoccuper.

Kiichiro Toyoda plutôt que Henry Ford

No thanks to the Henry Ford of buildings; give us Mr Toyoda instead

Êtes-vous plutôt Henry Ford ou Kiichiro Toyoda ? Si l’on retrouve bien souvent l’état d’esprit de Kiichiro Toyoda dans les intentions, c’est celui d’Henry Ford qui semble primer dans la gestion quotidienne. Cette organisation scientifique du travail du XXème siècle ne serait-elle pas en train d'être reproduite malgré nous au travers des nouvelles technologies ?

L'éthique et la qualité de la collaboration entre les hommes et les femmes qui composent l'écosystème de l'entreprise devraient être désormais en première ligne pour obtenir l'engagement des équipes, créer un climat de confiance et développer cette capacité d'adaptation, cette agilité, dont nous avons tant besoin aujourd'hui.

L’actu à la une en Innovation

Les entreprises altruistes face à l’avenir dans la Harvard Business Review

Pourquoi les entreprises « altruistes » sont-elles plus capables que les autres d’affronter l’avenir

Est-ce qu’être une entreprise performante serait aussi simple que de faire un gâteau ? Cet article d’Isaac Getz publié dans la Harvard Business Review ose le parallèle avec la leçon de pâtisserie et nous rappelle que la performance de l’organisation relève essentiellement d’une question d'ordre. La magie s'opère en effet si l'entreprise agit selon quatre principes éthiques :

  1. Obtenir l'engagement des salariés
  2. Satisfaire les clients
  3. Traiter correctement les fournisseurs
  4. Soutenir son environnement externe

La maitrise de cette recette et plus particulièrement de la capacité à ajuster les différentes doses en fonction des enjeux permettra à l'entreprise de toujours s'adapter face aux évolutions auxquelles elle sera confrontée.

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Convaincre de lancer la démarche d’innovation participative

Les 4 points clés pour convaincre et lancer la démarche d'innovation participative

Face à la concurrence toujours exacerbée et aux incertitudes croissantes dues à la crise du Covid 19, est-il utile de rappeler qu’il est vital pour les entreprises d’innover encore plus pour relever les défis de demain dès maintenant plutôt que de les subir ? L’innovation participative doit pour cela se généraliser dans les organisations en s’appuyant sur une meilleure gouvernance, des méthodologies éprouvées et des outils adaptés.

L’objectif est d’être davantage pro-actif dans l’alignement de la stratégie avec les attentes des équipes métiers et les besoins des clients. Cela passera forcément par une plus grande intelligence collective, et donc la mise en place d’une démarche d’innovation participative régulière et pérenne. Voici quatre conseils pour convaincre votre direction générale du potentiel de création de valeur d’une telle démarche.

How to bounce back from the Covid-19 crisis?

Strategies to Grow During a Slowdown Post Covid 19 Era

Si beaucoup d’articles ont été publiés pour savoir comment rebondir face à cette crise sans précédent du Covid-19, celui-ci liste six stratégies fondamentales pour soutenir durablement l’activité de l’entreprise :

  1. Comprendre ce qui se passe autour de vous : quels sont les changements qui s'opèrent, les nouvelles macro-tendances et comment y répondre ?
  2. Changer d'état d'esprit et passer d'une gestion de crise à une gestion des opportunités.
  3. Rester focalisé sur la valeur créée et perçue par vos clients.
  4. Être créatif : comment pourriez-vous aider vos clients à développer leurs activités, quelle idée un concurrent pourrait avoir qui vous mettrait dans l'embarras ?
  5. Changer de perspective : ne pas oublier la face cachée de la lune…
  6. Explorer votre écosystème pour résoudre vos problèmes et/ou résoudre les problèmes des autres.

L’actu à la une en gestion des portefeuilles de projets

Le concept VUCA pour affronter un environnement complexe et incertain

Lexique #cplusclair : le concept VUCA ou comment l’organisation peut-elle affronter un environnement complexe et incertain ?

Dans un monde qui était déjà bousculé par la digitalisation, la raréfaction de certaines compétences et une concurrence de plus en plus féroce, la crise a renforcé l’incertitude et la complexité pour les entreprises qui peinent à absorber les nombreux changements auxquels elles sont confrontées. L’environnement est devenu volatile, incertain, complexe et trop souvent ambigu, et c’est l’objectif de l’analyse des éléments VUCA d’aider à mieux le comprendre afin que les équipes puissent à nouveau prendre des décisions éclairées et trouver des solutions à leurs problèmes… Si le monde anglo-saxon en parle depuis un certain temps déjà, l’acronyme VUCA – Volatility, Uncertainty (incertitude), Complexity and Ambiguity – commence à se frayer un chemin dans les entreprises françaises mais est-il vraiment adapté ?

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Ethique : n’y a-t-il que l’intention qui compte ?

Ethique : n’y a-t-il que l’intention qui compte ?

Cette chronique d’expert nous rappelle que faire des choix éthiques, c’est choisir entre ce qui est facteur de satisfaction, ce qui est juste, ce qui est utile et ce qui est gratuit. En revanche, ces critères éthiques sont-ils suffisamment pris en compte dans les arbitrages auxquels font face les entreprises ? Pour y répondre, l’auteur fait le parallèle avec ces quatre principes philosophiques :

  1. [Aristote] Rendre les gens (les collaborateurs et les clients) heureux, nous sommes en plein dedans.
  2. [Kant] Faire ce qui est juste : au regard de la complexité de certaines décisions, les interprétations possibles sont nombreuses et les risques d'erreurs importants.
  3. [Bentham] Faire ce qui est utile : cela sous-entend de recentrer les activités de l'entreprise vers ce qui est véritablement utile pour la communauté.
  4. [Derrida] Donner sans retour mais est-ce vraiment la vocation de l'entreprise ?
L’impact de l'illectronisme dans les directions d'entreprises

Quand l'illectronisme touche les dirigeants d'entreprises

Il est vrai que certains dirigeants réfractaires aux outils numériques ont tendance à rechercher toutes les justifications possibles et imaginables pour ne pas faire, et l’on entend ainsi souvent dire :

  • « Il y a déjà trop d'outils ! », c'est possible mais cela ne va pas s'améliorer et il va falloir s'y faire.
  • « Les outils ne sont pas adaptés ! », c'est vrai qu’il est rare qu’ils couvrent 100% des besoins exprimés. Pour autant, les outils embarquent souvent des bonnes pratiques et les entreprises auraient tout intérêt à faire un pas pour s'y adapter davantage.
  • « Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs ! », tout à fait Thierry, il faut la mettre immédiatement derrière.
  • « On se débrouille avec Excel » mais vos projets de transformation ne méritent-ils pas mieux qu’un énième fichier Excel ?

L'engagement des dirigeants, notamment au travers de leur capacité à mettre les mains dans le cambouis, a toujours été un formidable levier pour la réussite des projets de transformation. En revanche, le cas contraire peut également être une des raisons de l'échec lorsque cela se transforme en positions dogmatiques et un certain immobilisme.