Avant d’aller plus loin
La méthode DMAIC est un outil puissant pour résoudre un problème précis, structurer l’analyse et sécuriser les résultats obtenus. Mais elle prend encore plus de valeur lorsqu’elle s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue plus globale, avec des projets suivis dans le temps, des plans d’action pilotés et des résultats partagés.
Pour mieux comprendre comment organiser, piloter et faire vivre cette dynamique dans votre entreprise, consultez notre page dossier complet sur l’amélioration continue.La méthode DMAIC est bien connue des professionnels de l’excellence opérationnelle et de l’amélioration continue. C’est avant tout une démarche de bon sens à appliquer au quotidien en mode projet si l’on souhaite trouver une solution durable et définitive à ses problèmes quels qu’ils soient : réduire les irritants, éliminer les non-conformités, améliorer l’expérience client, etc.
Cette méthode permet de structurer la résolution de problèmes en s’appuyant sur des faits, des données et des actions suivies dans le temps. Elle est particulièrement utile lorsque l’on veut éviter les décisions trop rapides, les solutions improvisées ou les actions correctives qui ne traitent que les symptômes.
Qu’est-ce que la méthode DMAIC ?
Il s’agit d’une méthode scientifique de résolution de problèmes découpée en 5 étapes dont « DMAIC » est en fait l’acronyme : Define / Measure / Analyze / Improve / Control. On pourrait d’ailleurs le transposer en français presque mot pour mot : Définir / Mesurer / Analyser / Innover (au sens Améliorer) et Contrôler.
Les 5 étapes de la méthode DMAIC sont les suivantes :
- Définir : pour poser le problème en définissant les symptômes.
- Mesurer : pour quantifier l’ampleur du problème.
- Analyser : pour déterminer les causes du problème.
- Innover / Améliorer : pour identifier la ou les solution(s) au problème.
- Contrôler : pour vérifier et maintenir l’amélioration dans le temps.
La méthode DMAIC s’inscrit ainsi parfaitement dans une démarche d’amélioration continue tout comme la Roue de Deming (ou PDCA : Plan, Do, Check & Act). Alors que le PDCA est une méthode générale applicable à divers contextes de gestion de la qualité, le DMAIC est spécifiquement intégré dans les projets Lean Six Sigma.
Les origines de la méthode DMAIC : Lean Six Sigma
Le Lean Six Sigma est une approche qui repose sur la collaboration des équipes dans le but d’améliorer les processus et donc les performances de l’entreprise tout en éliminant les gaspillages. La performance que vise le Lean touche aussi bien la productivité que l’amélioration de la qualité, des délais ou la réduction des coûts.
La méthode Six Sigma a été inventée au sein des usines Motorola en 1986 dans un contexte de recherche de satisfaction client via l’optimisation des processus de fabrication pour davantage de qualité et d’efficacité. D’abord cantonnée au processus industriel, la méthode s’est ensuite étendue à tous types de processus (administratif, logistique, commercial, etc.).
Le DMAIC est un outil puissant qui découle naturellement du Lean Six Sigma : afin d’atteindre ses objectifs de satisfaction client, d’économie de moyens, de protection de l’environnement ou encore d’amélioration des conditions de travail, il faut en amont connaître et résoudre les problèmes rencontrés. C’est là que le DMAIC intervient : en analysant précisément le problème à régler et en identifiant la solution la plus efficace pour le résoudre.
Mais peut-être utilisez-vous déjà le DMAIC sans le savoir depuis des années ?
Comment utiliser la méthode DMAIC ?
Pour bien appliquer la méthode et en récolter les fruits, il convient d’impliquer tous les acteurs du projet, et notamment la direction, autour des 5 étapes suivantes.
1Définir
Tout projet DMAIC démarre avec la rédaction d’un mandat de projet, appelé aussi « charte de projet ». Ce document recense les différents éléments : la problématique soulevée, les personnes ou les clients concernés, les indicateurs clés et les objectifs à atteindre, le périmètre, le planning et l’équipe, sans oublier les gains attendus du projet. On peut d’ailleurs utiliser la méthode QQOQCP pour apporter des éléments de réponse.
2Mesurer
Il s’agit à cette étape de déterminer les mesures pertinentes à collecter pour connaître parfaitement le processus de référence et l’ampleur du problème à résoudre. Pour visualiser toutes les étapes d’un processus de travail, la cartographie des chaînes de valeur, ou Value Stream Mapping, est particulièrement utile.
3Analyser
Les données collectées suite à la phase précédente pourront alors être examinées, décortiquées afin d’analyser le processus en question et de déterminer la ou les cause(s) du problème. Le diagramme de Pareto est un outil extrêmement pratique et fréquemment utilisé à ce stade du processus.
4Innover / Améliorer
Une fois la ou les causes du problème identifiées, il est temps de réfléchir aux solutions possibles. Il peut en exister plusieurs et il conviendra d’effectuer un arbitrage afin de choisir celle(s) à mettre en place pour permettre d’atteindre les objectifs visés.
Cette phase doit se traduire par un plan d’action clair, avec des responsables, des échéances et des indicateurs de suivi.
5Contrôler
Nous parlons ici d’amélioration continue et d’excellence opérationnelle, il sera donc essentiel de mettre en place un programme de suivi et de pilotage des plans d’action. Cela permettra de mesurer le niveau et la pérennité des améliorations obtenues.
La phase de contrôle évite le retour aux anciennes pratiques. Elle permet de vérifier que les résultats sont bien stabilisés dans le temps.
Quels outils utiliser dans une démarche DMAIC ?
Chaque étape du DMAIC peut s’appuyer sur des outils simples et complémentaires. L’objectif n’est pas de multiplier les méthodes, mais de choisir les bons outils au bon moment.
| Etape DMAIC | Objectif | Exemples d’outils |
|---|---|---|
| Définir | Cadrer le problème et les objectifs | Charte projet, QQOQCP, SIPOC |
| Mesurer | Objectiver la situation actuelle | Indicateurs, cartographie des processus, VSM |
| Analyser | Identifier les causes racines | Pareto, Ishikawa, 5 pourquoi |
| Améliorer | Choisir et déployer les solutions | Brainstorming, matrice impact / effort, plan d’action |
| Contrôler | Maintenir les résultats dans le temps | Tableaux de bord, standards, audits de suivi |
Exemple simple d’application de la méthode
La méthode DMAIC peut s’appliquer à de nombreux contextes : production industrielle, qualité, logistique, services administratifs ou gestion de projet.
Prenons l’exemple d’une entreprise qui constate des retards récurrents dans le traitement de demandes internes.
Dans la phase Définir, l’équipe précise le problème : les demandes prennent en moyenne 12 jours à être traitées, alors que l’objectif est de 5 jours.
Dans la phase Mesurer, elle collecte les délais réels, le nombre de demandes en attente et les étapes du processus.
Dans la phase Analyser, les données montrent que la majorité des retards provient de validations intermédiaires trop nombreuses et d’un manque de visibilité sur les responsabilités.
Dans la phase Améliorer, l’équipe simplifie le circuit de validation, clarifie les rôles et met en place un plan d’action.
Dans la phase Contrôler, elle suit chaque semaine le délai moyen de traitement, le nombre de demandes en retard et le taux de respect de l’objectif.
Cet exemple montre que la démarche DMAIC ne se limite pas à l’industrie. Elle peut aussi améliorer des processus administratifs, managériaux ou collaboratifs.
Au-delà de la méthode, la gouvernance des projets DMAIC
La particularité des projets DMAIC réside surtout dans le fait qu’ils s’inscrivent dans une organisation bien rodée et structurée autour des différents niveaux de certification Six Sigma (White Belt, Yellow Belt, Green Belt, Black Belt, Master Black Belt, et Champion Lean Six Sigma) auxquels une personne peut prétendre en suivant différents cursus de formation et en menant différents projets.
Même si le DMAIC est une approche pleine de bon sens, elle ne se décrète pas. La formation est une composante essentielle du dispositif pour :
- Comprendre la logique et les enjeux,
- Maîtriser les outils,
- Piloter un projet, un portefeuille de projets et les ressources associées,
- Promouvoir l’excellence opérationnelle.
La gouvernance est particulièrement importante lorsque plusieurs projets DMAIC sont lancés en parallèle. Il faut alors pouvoir prioriser les sujets, suivre les plans d’action, arbitrer les ressources et partager les résultats obtenus.
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Quel logiciel utiliser pour piloter une démarche DMAIC ?
La méthode DMAIC donne un cadre clair pour résoudre un problème. Mais lorsque les projets d’amélioration sont nombreux, transverses ou suivis dans plusieurs fichiers, le pilotage peut vite devenir complexe.
Un outil de pilotage permet notamment de :
- Centraliser les projets d’amélioration dans un référentiel commun ;
- Suivre les étapes, les responsables et les échéances ;
- Documenter les causes, les décisions et les plans d’action ;
- Visualiser l’avancement des initiatives ;
- Capitaliser sur les projets déjà réalisés.
C’est dans ce type de contexte qu’une solution comme IDhall peut accompagner une démarche DMAIC. La plateforme permet de structurer les initiatives d’amélioration continue, de piloter les plans d’action associés et de donner de la visibilité aux équipes comme aux managers.
La méthode DMAIC apporte le cadre. Un outil comme IDhall aide à suivre les actions, à sécuriser leur avancement et à capitaliser sur les résultats obtenus.
Ce qu’il faut retenir
La dimension structurée de la méthode DMAIC peut vous être d’une aide précieuse pour certains de vos projets.
Elle permet de résoudre les problèmes avec méthode, de s’appuyer sur des données concrètes et de piloter les améliorations dans la durée. Pour aller plus loin, il est ensuite essentiel de suivre les actions, les indicateurs et les résultats obtenus dans le temps.
Cet article initialement publié le 5 octobre 2018 a été mis à jour le 19 mai 2026.



